Chapitre 1 · Alya · An 150, jour 69
Le talon d’Oren dépassait la ligne de sécurité de trois centimètres ; Alya le remarqua avant la salle brûlée.
— Recule.
— Bonjour à toi aussi.
Elle attendit qu’il obéisse. Oren ramena sa botte derrière le trait blanc, puis leva les mains pour montrer qu’il n’avait rien touché. Son gant droit portait pourtant une tache noire au bout de l’index.
— Tu es là depuis combien de temps ?
— Moins longtemps que ne le prétendra mon rapport.
— Ce n’est pas une durée.
— Sept minutes.
Alya inscrivit l’heure sur son écran de poignet. Oren la regarda faire sans protester. À soixante et un ans, il avait conservé des épaules solides et des cheveux trop longs pour les filtres de terrain. Il souriait lorsqu’on relevait l’une de ses fautes. Il avait appris à Alya à ne jamais excuser les siennes.
Derrière lui, la salle du gouvernement avait brûlé avant même d’être construite.
Elle occupait une partie du terrain réservé à la future aile du Concordat, au nord du quartier gouvernemental du Bassin de Veyra. La veille encore, il n’y avait là qu’une dalle d’essai, des herbes terrestres enfermées dans leurs bacs et la roche brune de Metavence. À l’aube, le sol s’était soulevé. En moins de six minutes, il avait formé un mur, une table courbe, neuf sièges incomplets et la moitié d’un plafond noirci.
L’efflorescence était terminée depuis deux heures. Les capteurs ne relevaient plus aucun mouvement sous la surface. Le site était devenu « sourd » : on ne pouvait plus y faire apparaître de nouvelles formes. Il le resterait sans doute pendant des dizaines d’années.
Une tente de confinement transparente couvrait maintenant la partie formée. Au-dehors, la lumière orange d’Ilyr colorait les combinaisons des agents de sécurité. La paroi étouffait les voix d’Alya et d’Oren. Les agents ne voyaient que deux silhouettes au milieu d’une ruine qui n’avait encore jamais existé.
Au-delà de la tente, les bâtiments du Concordat dominaient la terrasse. Leurs murs pâles renvoyaient la lumière du matin. Des véhicules continuaient d’entrer par la porte sud ; la réunion de milieu de journée n’avait pas été annulée. Les personnes qui y participeraient ignoraient encore qu’une copie d’une salle où le gouvernement pourrait un jour se réunir venait d’apparaître à moins de cinq cents mètres.
Cette ignorance ne durerait pas. Une trace située dans un désert pouvait attendre des jours avant d’être classée. Une trace gouvernementale attirait des ordres avant même que sa matière ait refroidi. Alya comprenait l’urgence. Elle refusait seulement qu’on donne à l’urgence le nom de preuve.
Alya franchit la ligne.
La poussière noire céda sous ses semelles avec un bruit de sucre écrasé. Elle s’accroupit près de la table et en préleva quelques grains. La matière ressemblait à de la cendre, mais les grains ne salirent pas l’intérieur du tube. Chacun conserva sa forme.
— Elle n’a pas brûlé, dit Oren.
— La roche a copié une matière brûlée.
— C’est ce que je viens de dire.
— Non.
Il lui tendit l’analyseur sans défendre sa phrase. Les premiers résultats confirmèrent qu’il s’agissait de silice locale, mêlée à des traces de fer et de carbone déjà présentes dans le sol. Aucun résidu de carburant. Aucun matériau venu d’ailleurs. Metavence avait pris ce qu’elle trouvait sous la dalle et lui avait donné la forme d’un incendie possible.
Alya posa la paume contre le bord de la table. La surface imitait un métal tordu par la chaleur. Sous son pouce, elle s’effrita comme une pierre sèche.
— Le premier relevé parle d’un attentat, dit-elle.
— Le premier relevé a été rédigé par la sécurité du Concordat.
— Il parle quand même d’un attentat.
— Tu comptes le corriger avant ou après avoir découvert ce qui s’est passé ?
Elle leva les yeux vers lui.
— Rien ne s’est passé.
Oren sourit cette fois sans montrer les dents.
— Voilà pourquoi je t’ai attendue.
On appelait Prévestiges ces morceaux d’avenirs possibles formés dans la matière. Celui-ci montrait une salle incendiée. Il ne donnait ni la cause du feu, ni le nom des personnes présentes, ni même la certitude que la future aile serait construite. Pourtant, deux agents avaient déjà demandé si le quartier devait être évacué. Le mot attentat avait franchi le périmètre avant Alya.
Elle ouvrit l’inventaire provisoire. Oren avait laissé vides les cases réservées à l’interprétation. Les mesures brutes, elles, étaient complètes.
— Tu veux commencer par quoi ? demanda-t-il.
Pendant les premières années d’Alya au Conservatoire, Oren décidait de l’ordre des examens et lui demandait ensuite de trouver ce qu’il avait oublié. Depuis trois ans, il posait la question et se contentait de rendre ses erreurs plus difficiles à voir.
— Le bord extérieur. Puis les fixations. Les écrans en dernier.
— Pourquoi en dernier ?
— Parce qu’ils seront vides.
— Tu pourrais faire semblant d’espérer.
— Cela ralentirait le travail.
Ils avancèrent chacun d’un côté de la table. Alya dicta les formes pendant qu’Oren plaçait les repères. Les neuf sièges ne possédaient pas tous un dossier. Deux s’arrêtaient à hauteur des accoudoirs. Un troisième n’était qu’une base creuse, attachée au sol par quatre tiges de roche qui imitaient des vis.
Oren lui passa les tubes sans qu’elle ait besoin de tendre la main. Le transparent, puis le gris, puis celui dont le bouchon portait une rainure. Ils travaillaient ainsi depuis douze ans. À ses débuts, Alya avait cru que cette facilité venait de l’expérience d’Oren. Elle avait mis plus de temps à comprendre qu’il observait surtout les gens avec lesquels il travaillait.
Ce matin-là, il lui tendit deux fois le mauvais tube.
La table portait des creux réguliers à chaque place. Les appareils qui auraient dû s’y trouver n’avaient pas été copiés entièrement. Des plaques opaques occupaient leurs emplacements. Alya en entailla une. L’intérieur était plein, sans circuit et sans mémoire.
Sur le mur du fond, l’emblème du Concordat avait perdu sa partie droite. Le cercle extérieur s’était fendu près du Bassin de Veyra. La cassure suivait un petit défaut dans le relief, une bosse que le projet officiel ne montrait pas.
— La maquette de construction a été modifiée ? demanda-t-elle.
Oren consulta les plans actuels.
— Pas depuis onze jours.
— Alors ce défaut viendra plus tard.
— S’il vient.
Alya agrandit l’image. La bosse mesurait moins d’un centimètre. Elle la marqua comme repère de comparaison, puis passa aux volets de sécurité. Deux rails longeaient le plafond. Dans la scène reproduite, les volets étaient restés ouverts. La roche avait copié leurs bords déformés et les attaches fondues dans le mur.
Au-dessus de la porte, un cadran mécanique était relié à une petite bague sensible à la chaleur. Dans ce type de salle, la bague ne fondait qu’une fois. Elle bloquait alors les aiguilles et gardait l’heure de l’incident, même si les réseaux étaient coupés. Ici, elle avait fondu. Les anneaux extérieurs affichaient une date : an 151, soixante-huitième jour. Les aiguilles s’étaient bloquées à dix-neuf heures douze.
— Moins d’un an, dit Oren.
— Une date reproduite n’est pas une date certaine.
— Je sais.
— Alors ne prends pas cette voix.
— Quelle voix ?
— Celle qui oblige les autres à te corriger.
Il nota l’heure sans répondre. Alya se tourna pour cacher le début d’un sourire et inspecta le sol près de la porte.
Le registre vibra contre son poignet.
Une demande du service central venait d’apparaître. Le Concordat voulait une classification provisoire avant la réunion de milieu de journée. Le message ne parlait pas d’attentat. Il demandait cependant si l’indice de concordance dépassait quatre-vingts points et quelles mesures de sécurité ce résultat imposait.
Alya relut la phrase.
— Ils confondent encore l’indice avec une probabilité, dit Oren.
— Peut-être seulement la personne qui a écrit.
— Tu lui cherches une excuse.
— Je cherche la faute exacte.
L’indice indiquait qu’un avenir restait compatible avec le présent. Il ne disait jamais si cet avenir avait huit chances sur dix de se produire. Un Prévestige pouvait obtenir un score élevé le matin et devenir impossible le soir parce qu’une porte avait été déplacée ou qu’une réunion avait été annulée. La valeur aidait à trier les traces. Elle n’autorisait pas à gouverner avec un pourcentage inventé.
Alya répondit que le calcul n’était pas terminé et qu’aucune mesure ne pouvait être recommandée avant la fin du relevé.
Quelques années plus tôt, un bassin agricole avait exigé qu’elle transforme une conclusion incomplète en ordre d’évacuation. Sera Vale, la directrice du Conservatoire, avait pris sa défense devant toute la commission et refusé la demande. Depuis, Alya savait que l’institution pouvait protéger ses analystes contre ceux qui réclamaient une certitude. Elle ne voulait pas accuser tout le Conservatoire à cause d’une demande formulée trop vite.
— Le service central appréciera, dit Oren.
— Ce n’est pas le but.
— C’est pour cela qu’ils me préfèrent.
— Ils ne t’aiment pas.
— Tu vois ? J’ai déjà gagné.
Elle referma le message. Oren avait repris l’examen du rail gauche. Son sourire disparut lorsqu’il passa deux doigts sous une dalle noircie.
Alya le vit répéter le geste.
— Quoi ?
— Rien pour l’instant.
— Tu as touché quelque chose.
— Une rainure.
— Le rail continue sous la dalle.
— Il ne continue pas. Il recommence.
Elle s’agenouilla près de lui. Sous la plaque qui imitait un morceau de plafond tombé, une seconde rainure courait dans la pierre. Elle restait parallèle au premier rail, trente centimètres plus bas. Une poussière claire remplissait le creux.
Alya consulta le plan reconstitué. Un volet pouvait avoir deux guides, mais pas à cet endroit. Le second traversait l’espace réservé au mur. S’il avait appartenu à la salle brûlée, il aurait débouché dans la table.
— Une déformation pendant l’efflorescence, dit-elle.
Oren lui tendit la petite sonde.
— Vérifie.
Elle recueillit un grain clair, puis un grain noir pris sur la face supérieure. La composition était presque identique. La structure ne l’était pas. La poussière claire provenait d’une surface polie, réduite en fragments lorsque la dalle noire s’était formée au-dessus.
Deux objets occupaient le même espace.
Alya relança l’analyse. Le résultat ne changea pas.
— Le relevé profond ? demanda-t-elle.
Oren afficha l’image du sous-sol. Sous la première salle, les scanners avaient signalé un épaississement irrégulier. Le logiciel l’avait classé comme un amas rejeté par l’efflorescence. Personne n’avait ouvert la poche.
— Tu l’avais vu avant mon arrivée.
— J’avais vu que le classement était trop rapide.
— Ce n’est pas ma question.
Il rangea la sonde dans son étui.
— Oui.
Il referma l’étui sans lever les yeux.
Alya consulta les relevés du site. La température baissait. Les filaments sous la croûte ne vibraient plus. La matière ne formait rien de nouveau. Ce qui se trouvait sous la dalle était apparu en même temps que le reste, puis avait été recouvert par une autre partie de la trace.
Elle enregistra la position exacte de la dalle, puis fixa deux pinces sur le bord. Oren prit la poignée opposée.
— À trois, dit-il.
— Tu pars toujours à deux.
— Calomnie.
— Un.
Ils soulevèrent ensemble. La dalle résista, se fendit près d’un angle, puis bascula sur le côté. Une partie du bord s’émietta. Alya attendit que la poussière retombe.
Sous la plaque, la roche était claire.
La poche descendait sur un peu plus d’un mètre. Un mur lisse y suivait la même courbe que celui de la salle brûlée. La table n’apparaissait que par fragments, mais son bord était entier. Aucun siège n’avait noirci. Les volets de sécurité étaient fermés, leurs lames jointes jusqu’au sol.
Oren éclaira le mur du fond.
L’emblème du Concordat y était complet. Près du Bassin de Veyra, la même petite bosse déformait le cercle extérieur.
Alya ne parla pas. Elle descendit la sonde et préleva un peu de matière à la surface du mur. Silice locale. Même mélange que dans la salle du dessus. La matière avait seulement pris une autre forme.
— Deux versions, dit Oren.
— Peut-être deux moments.
— Regarde au-dessus de la porte.
Une partie du second cadran sortait de la paroi. Alya dégagea les anneaux avec un pinceau fin. La petite bague sensible à la chaleur était intacte.
An 151. Soixante-huitième jour.
Les aiguilles marquaient dix-neuf heures treize.
Elle compara les images. Dans la première trace, la bague avait fondu et bloqué les aiguilles à dix-neuf heures douze. Dans la seconde, elle était encore intacte une minute plus tard. Même défaut sur l’emblème. Mêmes fixations au sol.
La bague ne pouvait pas fondre, puis retrouver sa forme. La salle brûlée et la salle intacte n’appartenaient pas à la même suite d’événements.
— Ce n’est pas une réparation, dit Alya.
— Non.
— Ni un état antérieur.
— Non.
Elle prit une troisième mesure, puis une quatrième à l’endroit où les deux formations se touchaient. Oren ne l’interrompit pas. Il se contenta de tenir la lampe.
Le registre de terrain ouvrit automatiquement une nouvelle fiche. Il avait reconnu assez de points communs pour proposer un second Prévestige. Les mesures brutes indiquaient déjà l’heure du relevé et l’identité des deux analystes. Aucune donnée ne pouvait être effacée depuis le site. Mais tant qu’Alya ne validait pas la fiche, le système central ne classait pas la trace et n’avertissait pas la direction.
Elle vérifia le scellé de son tube, alors que le voyant venait de passer au vert.
Oren s’assit sur ses talons.
— N’envoie pas encore la seconde fiche.
Alya garda les yeux sur le tube.
— Tu as demandé un relevé complet.
— C’est ce que nous avons fait.
— Alors je l’enregistre.
— Attends ce soir.
Elle se retourna.
Oren frottait la tache noire de son gant contre son pouce. Le geste étalait la poussière au lieu de l’enlever. Il interdisait aux nouveaux analystes de faire cela, parce qu’un échantillon se perdait parfois dans un geste sans importance. Alya regarda ses doigts jusqu’à ce qu’il les sépare.
— Pourquoi ? demanda-t-elle.
— Parce que le dossier provisoire est déjà parti vers le Concordat. Dès que le dossier de la seconde trace arrivera, quelqu’un décidera quelle version présenter en premier.
— C’est notre travail d’enregistrer les deux traces.
— Oui.
— Tu veux donc protéger le registre en lui retirant une trace.
— Pendant quelques heures.
— Une omission mesurée reste une omission.
Oren acquiesça. Il n’essaya pas de choisir un mot plus doux.
Au-dehors, un agent leva la main vers la paroi transparente. L’agent venait sans doute, lui aussi, d’être relancé par le service central. Il montra son poignet, puis cinq doigts. Ils avaient cinq minutes avant le retour de l’équipe de sécurité.
— Qu’est-ce que tu vérifies ? demanda Alya.
Oren se releva lentement. Son genou droit craqua sous la combinaison.
— Des dossiers dont les premières mesures ne correspondent pas tout à fait au classement final.
— Combien ?
— Assez pour que je recommence.
— Ce n’est pas un nombre.
— Je n’ai pas encore de chiffre que je puisse défendre.
Alya referma la fiche sans la valider. L’avertissement disparut, mais seulement pour quelques secondes.
— Depuis quand ?
— Alya.
Il prononça son prénom comme lorsqu’il voulait l’empêcher de poser la bonne question trop tôt.
— Depuis quand ? répéta-t-elle.
— Plusieurs mois.
Elle attendit la suite. Oren ne la donna pas.
La veille, ils avaient déjeuné ensemble au réfectoire. Oren s’était plaint des racines trop cuites et lui avait demandé si son père répondait enfin à ses messages. Ils avaient parlé du filtre cassé de son bureau, puis de la prochaine saison des spores. Pas des archives. Pendant ce temps, il comparait en secret les dossiers du Conservatoire où Sera avait fait entrer Alya et où Oren l’avait formée.
Alya remit les tubes dans l’ordre, chaque étiquette tournée vers le haut, puis nettoya la poussière restée sur le bord de la caisse. Elle passa deux fois sur le même endroit.
— Tu compares des archives du Conservatoire sans ordre de mission.
— Je compare des mesures auxquelles j’ai accès.
— Ce n’est pas la même phrase.
— Non.
Le registre vibra de nouveau. Validation requise.
Oren ne posa pas la main sur l’écran. La fiche portait le nom d’Alya. Le retard porterait le même nom.
— Montre-moi tes dossiers, dit-elle.
— Ce soir.
— Maintenant.
— Ils ne sont pas ici.
— Évidemment.
Elle rouvrit la fiche. Trois choix apparaissaient sous les mesures : validation, rejet motivé ou analyse matérielle à confirmer. La dernière option accordait trente minutes. Elle ne pouvait être utilisée qu’une fois et exigeait une copie locale sous scellé.
Trente minutes ne suffiraient pas à Oren pour lui montrer plusieurs mois de travail. Elles empêcheraient au moins le dossier d’être interprété avant qu’Alya ait compris ce qu’il lui cachait.
— Tu as trente minutes, dit-elle.
— J’ai demandé jusqu’à ce soir.
— Et moi, je refuse.
— Trente minutes, alors.
— Aucune matière ne sort d’ici. Nous scellons une copie des mesures. Tu me montres le premier dossier avant la fin du délai.
Oren regarda la salle intacte sous leurs pieds.
— D’accord.
— Dis-le en me regardant.
Il releva la tête.
— D’accord.
Alya valida la fiche de la salle brûlée. Le registre attribua un numéro à la trace et lança son classement central. Pour la seconde, elle choisit analyse matérielle à confirmer. Le système demanda une justification.
Elle écrivit : Conflit de structure entre deux parties d’une même formation. Comparaison manuelle nécessaire.
La phrase était exacte. Elle ne disait pas que les deux parties montraient la même salle dans deux futurs incompatibles.
Alya posa son pouce sur le champ de signature.
Son nom apparut, suivi de l’heure.
Oren plaça la copie locale dans un boîtier, puis le scella devant elle. Les mesures brutes restaient intactes. Aucun échantillon ne quitta la caisse. Rien n’avait été détruit.
Le registre lança un compte à rebours de trente minutes. Sur la fiche centrale, une seule ligne portait désormais la mention PRÉVESTIGE ENREGISTRÉ.
Le voyant du tube était toujours vert. Alya recommença l’analyse.